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Par Stanislas Regniault
Un chèque de plus de 1,2 million d'euros a récemment été remis par le comité des Hauts-de-Seine à l'Institut Curie pour soutenir la recherche contre le cancer. Une somme impressionnante qui suscite pourtant une question essentielle :
pourquoi les financements ne sont-ils pas directement versés à cet institut ?
En tant que donateur ou simple observateur, cette interrogation peut paraître évidente. Après tout, l’objectif de tout acte philanthropique est de maximiser l’impact des dons là où ils sont réellement nécessaires, en limitant les pertes liées à des intermédiaires.
Les intermédiaires, qu'ils soient des comités, associations relais ou organisations de collecte, ont bien sûr un rôle à jouer. Ils permettent de sensibiliser, mobiliser et structurer les efforts de collecte de fonds. Cependant, leur fonctionnement engendre des frais souvent considérables. Ces coûts comprennent notamment :
Dans certains cas, ces frais peuvent représenter jusqu'à un tiers des montants collectés. Cela signifie qu'une partie significative des dons des citoyens, pensés comme un acte désintéressé et direct, est détournée vers des frais annexes avant même d'atteindre les bénéficiaires finaux.
Ce constat soulève un véritable dilemme :
À titre d’exemple, dans le cas de l’Institut Curie, pourquoi ne pas promouvoir des campagnes où chaque euro donné atterrit directement sur le compte de l’institut ? Cela garantirait une meilleure transparence et efficacité, tout en renforçant la confiance des donateurs.
Ce débat ne se limite pas à l’Institut Curie. Il pose une question plus large sur le fonctionnement du secteur caritatif et la manière dont il pourrait être repensé pour maximiser l’impact des dons. Voici quelques pistes à explorer :
1. Sensibiliser les donateurs à l’impact réel de leur contribution et à la répartition des coûts.
2. Réduire les intermédiaires grâce à des plateformes numériques de don direct, qui minimisent les frais administratifs.
3. Imposer une transparence accrue sur les frais de gestion, avec des rapports clairs et accessibles au grand public.
En tant que citoyens et donateurs, nous avons un rôle à jouer pour questionner les modèles existants et exiger une plus grande efficacité dans l’utilisation de nos dons. Il ne s'agit pas de blâmer les intermédiaires, mais de repenser leur place et leur fonction dans le système philanthropique.
Chaque euro compte, surtout lorsqu'il s'agit de financer des initiatives aussi vitales que la recherche contre le cancer. Et si l'on s’assurait que ces euros travaillent directement là où ils peuvent faire une réelle différence ?